Quel est le salaire d’un agent de sécurité au Québec en 2026 ?

Si vous travaillez comme agent de sécurité au Québec, il est normal de vouloir savoir combien vous devez légalement gagner en 2026 et si votre rémunération respecte réellement les règles en vigueur.

Plusieurs agents connaissent leur taux horaire, mais peu savent précisément ce que prévoit le décret, quelles primes doivent être versées et quels recours existent lorsque le salaire n’est pas conforme.

En 2026, le salaire des agents de sécurité n’est pas laissé à l’interprétation des employeurs. Il est encadré par une loi précise : le Décret sur les agents de sécurité privée. Ce texte officiel établit les taux minimums, définit les classes d’emploi et impose des obligations claires aux agences.

Voici ce que vous devez comprendre pour connaître vos droits et votre véritable rémunération.

Combien gagne réellement un agent de sécurité au Québec en 2026 ?

Le salaire minimum des agents de sécurité privée au Québec est établi par le Décret sur les agents de sécurité privée, accessible ici : Texte officiel du décret.Ce décret s’applique à toutes les agences titulaires d’un permis valide et à tous les agents salariés couverts par celui-ci.

Le salaire horaire minimum est le suivant :

Un salarié de classe A, c’est-à-dire un agent qui effectue des tâches de surveillance sans responsabilité de gestion, doit recevoir au minimum 20,09 $ de l’heure à partir du 29 juin 2025.

À compter du 28 juin 2026, ce taux minimum passe à 20,60 $ de l’heure.

Un salarié de classe B, soit un agent chargé de superviser ou de gérer un ou plusieurs agents de sécurité privée, doit recevoir au minimum 20,34 $ de l’heure à partir du 29 juin 2025.

À compter du 28 juin 2026, ce taux passera à 20,85 $ de l’heure.

Ces montants sont le salaire minimum fixé par la loi. Une agence n’a pas le droit de payer moins, même si l’agent accepte. La loi passe avant toute entente.

Qui peut être payé comme un agent de sécurité ?

Pour être reconnu comme agent de sécurité et être rémunéré selon le décret, il ne suffit pas d’être affecté à un poste de surveillance. Il faut détenir un permis valide émis par le Bureau de la sécurité privée (BSP).

Pour obtenir ce permis, l’agent doit obligatoirement avoir complété une formation reconnue d’un minimum de 70 heures en sécurité privée. Cette formation couvre notamment les aspects légaux, l’intervention, la rédaction de rapports et les responsabilités professionnelles.

Sans permis valide du BSP, une personne ne peut pas légalement exercer comme agent de sécurité privée couvert par le décret. Cette exigence protège à la fois le public, les entreprises et les agents eux-mêmes..

Quelles sont les primes obligatoires pour les agents de sécurité en 2026?

Le taux horaire de base ne représente qu’une partie du salaire des agents de sécurité. Le décret prévoit plusieurs primes obligatoires. Toutefois, il est important de comprendre qu’elles ne sont pas versées automatiquement simplement parce qu’un agent possède une formation.

Pour recevoir une prime, deux conditions doivent être réunies : l’agent doit avoir la formation ou la qualification requise, et le mandat auquel il est assigné doit exiger cette compétence

Prime P-1 : 0,35 $ de l’heure – versée à un agent ayant reçu une formation spéciale en intervention incendie et qui, à la demande du client ou de l’employeur, fait partie de l’équipe désignée pour combattre les incendies.

Prime P-2 : 0,55 $ de l’heure – versée à l’agent dont les fonctions incluent l’utilisation d’un radar ou qui est autorisé à délivrer des constats d’infraction relatifs au stationnement d’un véhicule ou à toute autre infraction prévue par une loi ou un règlement.

Prime P-3 : 2,00 $ de l’heure – versée à l’agent qui travaille dans un établissement au sens de la Loi sur la gouvernance du système de santé et de services sociaux ou de l’article 94 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux pour les Inuit et les Naskapis, et qui a suivi, au cours des deux dernières années, une formation en gestion de crise d’une durée minimale de 16 heures dispensée par un formateur reconnu par le Crisis Prevention Institute Inc., à la suite de laquelle une attestation officielle lui a été délivrée. Cette prime est également applicable à l’agent œuvrant dans un autre secteur lorsque cette formation est spécifiquement exigée par le client.

Prime P-4 : 0,60 $ de l’heure – versée à l’agent qui, au cours des trois dernières années, a suivi une formation de secouriste incluant la RCR et l’utilisation du défibrillateur, d’une durée minimale de 16 heures, dispensée par un organisme reconnu par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, et pour laquelle une attestation officielle lui a été délivrée.

Prime P-6 : 2,50 $ de l’heure – versée à l’agent qui exerce ses fonctions en étant autorisé à travailler avec une arme, lorsque cette utilisation est autorisée par le client et l’employeur.

Prime P-7 : 3,00 $ de l’heure – versée à l’agent qui doit disposer d’un abri et utiliser son automobile à cette fin dans le cadre de ses fonctions, lorsque cette utilisation est autorisée par le client et l’employeur.

Prime P-8 : 2,00 $ de l’heure – versée à l’agent qui travaille dans le secteur parajudiciaire ou judiciaire, notamment dans les tribunaux judiciaires ou quasi judiciaires et les lieux où ils sont situés, y compris les palais de justice, ou qui exerce une fonction en lien avec ces secteurs, comme la surveillance de détenus, de témoins ou de jurés, et qui a suivi, au cours des deux dernières années, une formation sur l’usage de la force d’une durée minimale de 20 heures dispensée par un formateur reconnu par l’Association provinciale des agences de sécurité, à la suite de laquelle une attestation officielle lui a été délivrée. Cette prime est également versée à l’agent œuvrant dans un autre secteur lorsque cette formation est exigée par le client.

Prime P-9 : 0,15 $ de l’heure – versée à l’agent de sécurité à qui aucun uniforme n’est fourni par l’employeur ou lorsque le client et l’employeur exigent le port d’une tenue civile dans le cadre de ses fonctions.

Prime P-10 : 1,00 $ de l’heure – versée à l’agent lorsque le client ou l’employeur exige qu’il détienne une attestation de l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur de la construction.

Prime P-11 : 1,00 $ de l’heure – versée à l’agent uniquement pour les heures travaillées entre 22 h et 6 h.

Prime P-12 : 0,50 $ de l’heure – versée à l’agent qui, au cours des deux dernières années, a suivi une formation en service à la clientèle d’une durée minimale de quatre heures, dispensée par l’Association provinciale des agences de sécurité ou par une école de formation reconnue par le Bureau de la sécurité privée, et pour laquelle une attestation officielle lui a été délivrée.

Prime P-13 : 0,50 $ de l’heure – versée à l’agent qui travaille pendant qu’un état d’urgence sanitaire a été déclaré par le gouvernement du Québec sur l’ensemble du territoire québécois en vertu de la Loi sur la santé publique.

Ces primes sont obligatoires et peuvent s’additionner. Si vous avez les formations et que votre mandat les exige, l’employeur doit les payer.

Par exemple, si vous avez votre formation RCR, vous avez droit à la prime P-4 de 0,60 $. Si vous avez la formation en service à la clientèle, vous avez droit à la prime P-12 de 0,50 $. Si vous travaillez en milieu parajudiciaire avec la formation sur l’usage de la force, vous avez droit à la prime P-8 de 2,00 $. Et si vous travaillez de nuit, entre 22 h et 6 h, vous avez droit à la prime P-11 de 1,00 $.

Au total, un salaire d’environ 20 $ peut facilement monter à près de 24 $ de l’heure. Se former, ça augmente vraiment votre paie.

Si ces primes ne figurent pas sur votre talon de paie alors que vous y avez droit, cela mérite vérification.

Mon salaire d’agent de sécurité ne respecte pas le décret : quoi faire ?

Si vous croyez que votre employeur ne respecte pas le salaire minimum ou ne verse pas les primes prévues, vous avez des recours.

La première étape consiste à conserver vos preuves. Gardez vos bulletins de paie, vos feuilles de temps, vos relevés d’heures et votre contrat de travail. Ces documents sont essentiels en cas de plainte. Il est parfois possible de régler la situation en discutant avec l’employeur. Certaines erreurs peuvent être administratives.

Si la situation persiste, vous pouvez déposer une plainte à la CNESST : Plainte salaire

La CNESST peut enquêter et obliger l’employeur à verser les sommes dues, incluant les salaires et les indemnités impayés.

Vous pouvez également contacter le Comité paritaire : Formulaire de plainte

Il est important de comprendre que le décret doit être respecté même si l’employé avait accepté un salaire inférieur. La loi protège le travailleur.

Pourquoi choisir une agence conforme change votre parcours professionnel ?

Être agent de sécurité ne consiste pas seulement à porter un uniforme. C’est exercer une profession encadrée, réglementée et reconnue.

Travailler pour une agence qui respecte le décret signifie recevoir le salaire minimum prévu, les primes applicables, une supervision réelle et un encadrement structuré. Cela signifie aussi évoluer dans un environnement professionnel stable.

Si vous souhaitez explorer des opportunités au sein d’une agence engagée envers ses agents, vous pouvez consulter : Offres d’emploi – Charco Sécurité

Connaître vos droits et choisir un employeur conforme fait une réelle différence dans votre stabilité financière et votre reconnaissance professionnelle.

Pourquoi les entreprises ne paient-elles pas simplement le prix du décret ?

Une confusion fréquente chez les entreprises concerne la différence entre le salaire minimum prévu au décret et le tarif facturé par une agence de sécurité.

Le décret fixe le salaire minimum que doit recevoir l’agent. Toutefois, une entreprise ne paie pas uniquement le salaire brut de l’agent lorsqu’elle engage une agence.

Une agence doit assumer les cotisations sociales, les assurances, la CNESST, la gestion administrative, la formation continue, la supervision terrain, les véhicules, les équipements, les uniformes, le recrutement et une marge minimale pour assurer sa stabilité financière.

Lorsqu’une entreprise reçoit une soumission plus élevée que le salaire horaire du décret, cela ne signifie pas que l’agence surpaie l’agent. Cela reflète la réalité des coûts nécessaires pour offrir un service conforme, structuré et légal.

Une soumission anormalement basse peut soulever des questions. Si le tarif facturé est trop proche du salaire minimum, il devient difficile pour l’agence de respecter toutes ses obligations légales. Comprendre cette distinction protège autant les entreprises que les agents.

FAQ – Salaire des agents de sécurité en 2026

Est-ce légal de payer un agent sous le décret ?

Non. Le décret sur les agents de sécurité privée est obligatoire. Aucun contrat ou entente ne peut prévoir un salaire inférieur au minimum fixé par la loi.

Est-ce que les primes sont obligatoires ?

Oui. Lorsque les conditions sont remplies, les primes prévues au décret doivent être versées. Elles ne sont pas facultatives.

Est-ce qu’un client peut exiger un prix en dessous du salaire ?

Un client peut négocier une soumission, mais une agence ne peut jamais accepter un contrat qui l’obligerait à payer un agent sous le minimum légal.

Qui surveille les agences ?

Le Bureau de la sécurité privée délivre les permis. Le comité paritaire et la CNESST veillent au respect des obligations salariales.

Le salaire peut-il varier au-delà du minimum ?

Oui. Le décret fixe un minimum. Une agence peut offrir un salaire supérieur pour valoriser l’expérience, la formation ou la stabilité.

Conclusion

Le salaire des agents de sécurité au Québec en 2026 n’est pas une estimation approximative ni une négociation individuelle. Il est encadré par un décret clair, précis et obligatoire.

Comprendre les taux minimums, les classes d’emploi, les primes applicables et les recours disponibles permet aux agents d’exercer leur métier avec confiance. Cela permet aussi aux entreprises de choisir des partenaires conformes et responsables.

Le respect du décret ne protège pas seulement le salaire. Il protège la profession, la qualité du service et la crédibilité de toute l’industrie.

À lire aussi

Découvrez d’autres articles qui pourraient vous intéresser :

Parlez à l’un de nos experts

Découvrez les services de sécurité proposés par CHARCO SÉCURITÉ et voyez comment nous pouvons améliorer votre efficacité.